Appréciation Stock


La mesure de l’appréciation sur stock

 

II. L’APPRÉCIATION SUR STOCK EN GÉNÉRAL

III. L’APPRÉCIATION SUR STOCK DANS LE CALCUL DES MARGES COMMERCIALES

 

Résumé

la variation des stocks est mesurée par la valeur des entrées en stocks diminuée de la valeur des sorties de stocks et des éventuelles pertes courantes sur stocks (définition du SEC 2010).

Il faut distinguer la mesure des variations de stock en comptabilité privée et en comptabilité nationale [1] (les nombres entre crochet renvoient à la bibliographie en bas de page).

Dans une première partie on rappelle cette distinction, et le passage de l’une à l’autre. On voit très vite que les variations des stock posent des problèmes de mesure, qu’on ne retrouve pas dans les autres composantes du PIB. La question de la mesure des variations de stock a fait l’objet de nombreux travaux. Elle ne reste pas simple, en particulier parce qu’on ne connaît pas la décomposition des stocks par produits d’une entreprise (ce qui rend difficile l’estimation des stocks utilisateurs et commerce, moins les stocks producteurs).

Autre difficulté, il faut déduire l’appréciation sur stock pour passer de la comptabilité privée à la comptabilité nationale [2]. En effet, pour que la valeur du stock enregistré dans les comptes ait un sens, l’entrée en stocks d’un bien et sa sortie des stocks doivent nécessairement être valorisées au même prix. C’est le principe de « cohérence ».

Cette page pose aussi le problème de la mesure de l’appréciation sur stock dans le calcul des marges commerciales par produits dont on a pu observé qu’elle fluctuaient fortement en base 2000 notamment dans les produits pétroliers raffinés et ce justement à cause de l’appréciation sur stock [3] . Ces questions sont importantes dans ce type de produit.

Dans une seconde partie, on rappelle le problème de la mesure générale de l’appréciation sur stock .

Une dernière partie est consacrée aux problèmes des marges commerciales.

Les stocks, au sens large, couvrant à la fois les stocks et les transactions, jouent plusieurs rôles dans les comptes nationaux. Du point de vue des flux économiques, la variation des stocks est une composante de la demande finale et, en tant que composante la plus volatile du produit intérieur brut (PIB), un facteur déterminant des variations à court terme de la croissance du PIB [4], [5]. En outre, les variations des stocks de matériaux et de fournitures sont nécessaires pour passer des achats à la consommation intermédiaire et les variations des stocks de travaux en cours et de produits finis non vendus sont nécessaires pour passer des ventes à la production. Par conséquent, les variations des stocks affectent les agrégats des comptes nationaux sur la production, les revenus et les emplois (et donc les estimations du PIB) selon les 3 approches «production », « revenus » et  « demande ».

L’Insee publie les variations de stock en comptabilité nationale en base 2014 [6], [7].

 

I – LES VARIATIONS DE STOCK EN COMPTABILITÉ NATIONALE

L’estimation des stocks et des variations des stocks dans les comptes nationaux est souvent très complexe. Nous nous appuyons d’abord sur les recommandations du SEC  2010 puis sur le guide Eurostat-OCDE sur l’enregistrement des stocks [6]. Il présente pour la première fois une vue d’ensemble exhaustive des aspects théoriques et pratiques de l’établissement du poste «stocks» dans les comptes nationaux.

L’estimation des stocks et des variations des stocks dans les comptes nationaux est souvent très complexe. Ce nouveau guide a eu pour ambition de fournir aux statisticiens des orientations générales et des conseils pratiques concernant l’estimation et la valorisation des stocks, dans un rapport de cohérence réciproque avec l’opération «variations des stocks» et, ce faisant, d’améliorer la comparabilité internationale de ces postes. Le guide clarifie les concepts théoriques ainsi que les sources de données possibles. Il décrit plusieurs méthodes d’estimation, tant pour les stocks d’actifs que pour l’opération «variations des stocks», y compris leur ventilation par produits, branches d’activité et secteurs institutionnels. Il examine aussi plusieurs cas spécifiques d’estimation et rapporte les résultats d’un questionnaire — complété par 34 pays — sur les pratiques nationales dans l’estimation des stocks.

 

1) Le SEC 2010

 

a) les catégorises de stocks

Selon le SEC 2010, Les stocks comprennent les catégories suivantes :

  • les matières premières et fournitures: il s’agit de tous les produits que les entreprises conservent en stocks avec l’intention de les utiliser comme entrées intermédiaires dans leurs processus de production, y compris les produits stockés par les administrations publiques. En font notamment partie l’or, les diamants, etc., lorsqu’ils sont destinés à des usages industriels ou à d’autres productions de même nature
  • les travaux en cours: il s’agit de la production des entreprises qui n’est pas encore terminée. Cette production est enregistrée dans les stocks de son producteur et peut, par exemple, revêtir les différentes formes suivantes:
  • Les biens finis: il s’agit des biens que leurs producteurs n’ont plus l’intention de transformer davantage avant de les livrer à d’autres unités institutionnelles;
  • les biens destinés à la revente: ceux-ci se définissent comme les biens acquis dans le but d’être revendus en l’état.

 

 

b) le moment d’enregistrement

 

Le moment d’enregistrement et l’évaluation des variations de stocks sont cohérents avec ceux des autres opérations sur produits. Cela vaut en particulier pour la consommation intermédiaire (par exemple, matières premières et fournitures), pour la production (par exemple, travaux en cours et production découlant du stockage de produits agrioles) et pour la formation brute de capital fixe (par exemple, travaux en cours).

Pour mesurer la variation des stocks, les entrées en stocks sont évaluées au moment de l’entrée et les sorties de stocks au moment de la sortie.

Pour mesurer la variation des stocks, les entrées en stocks sont évaluées au moment de l’entrée et les sorties de stocks au moment de la sortie.

 

c) Les prix utilisés pour évaluer les variations de stocks sont les suivants:

  • les biens finis stockés par les producteurs sont évalués comme s’ils étaient vendus à ce moment, c’est-à-dire aux prix de base courants;
  • les entrées en travaux en cours sont évaluées proportionnellement au prix de base courant estimé du produit fini;
  • les biens déstockés pour être vendus sont évalués aux prix de base;
  • les biens destinés à la revente entrant dans les stocks des grossistes et détaillants sont évalués aux prix d’acquisition effectifs ou estimés des négociants;
  • les biens destinés à la revente sortant de stocks sont évalués aux prix d’acquisition auxquels ils peuvent être remplacés au moment de leur sortie, et non à celui de leur acquisition effective.

 

Mais en l’absence de données, les méthodes d’approximation suivantes sont utilisées pour estimer les variations de stocks:

  • lorsque les variations du volume des stocks sont régulières, une méthode d’approximation acceptable consiste à multiplier la variation du volume des stocks par les prix moyen de la période (prix d’acquisition pour les stocks détenus par les utilisateurs, les grossistes ou les détaillants et prix de base pour ceux détenus par les producteurs);
  • lorsque les prix des biens concernés restent constants, les fluctuations du volume des stocks n’invalident pas l’approximation qui consiste à estimer la variation des stocks en multipliant la variation en volume par le prix moyen;
  • il conviendra de recourir à des méthodes d’approximation plus sophistiquées en cas de fluctuations sensibles à la fois du volume et des prix des stocks au cours de la période comptable. Il s’agira, par exemple, d’évaluer trimestrielle-ment la variation des stocks ou d’exploiter des données sur la distribution des variations au cours de la période comptable (ces variations peuvent être plus importantes à la fin de l’an-née civile, pendant la récolte, etc.);
  • si les valeurs connues sont celles de début et de fin de période comptable (c’est le cas, par exemple, du commerce de gros ou de détail qui souvent doit gérer des stocks composés de nombreux produits différents), mais qu’il n’existe pas de données distinctes sur les prix et les volumes, il convient d’estimer les variations en volume entre le début et la fin de la période. L’une des méthodes applicables pour estimer l’évolution des volumes consiste à estimer des taux de rotation constants par type de produit.

 

 

2) Les variations de stock dans les  3 approches du PIB 

 

Les paragraphes suivants décrivent les variations  les stocks du point de vue des trois approches du PIB. Ils permettent également de relier les variations des stocks au stock dans les comptes de patrimoine.

 

a) l’approche « production »

Le PIB mesure la production totale produite sur le territoire et l’un des moyens de calculer cette mesure consiste à faire la somme des valeurs ajoutées à chaque étape de la production. La production est une activité dans laquelle une unité utilise les intrants (travail, capital, consommation intermédiaire) pour produire des biens et des services. Les gains et pertes de détention («gains de détention») ne font pas partie de la production, car ils découlent de changements de prix des produits déjà fabriqués et en stock. Pour enlever les effets des gains de détention, la production et de la consommation intermédiaire doivent être évalués aux prix en vigueur au moment où la production et l’utilisation des intrants ont lieu.

Un  produit qui entre dans le stock est compté comme production lorsqu’il est produit, en même temps qu’il est ajouté au stock. Lorsque le produit est retiré des stocks et vendu, aucune production ne doit être enregistrée. Ainsi, la valeur de la vente est compensée par la variation négative correspondante des stocks, à savoir les que sorties des stocks doivent être évalués aux prix auxquels les biens sont vendus. De même, un produit est enregistré comme consommation intermédiaire lorsqu’il est utilisé dans le processus de production et non au moment où il a été acheté. En conséquence, l’utilisation des matériaux est évaluée aux prix en vigueur au moment de leur utilisation, c’est-à-dire les prix au moment de sorties de stock.

Le schéma suivant issu d’un  document de travail du FMI illustre la relation entre la valeur ajoutée et les variations des stocks. Dans cet exemple, une entreprise importe 5 quantités d’un produit dont le prix est de 10. Au moment où elle l’utilise pour produire un bien, le prix est de 12. Sa CI est donc de 60 (5*12). Le bien produit est de 10 quantités au prix de 15. Les entrées de stocks sont donc de 150 (10*15). Mais au moment où elle vend 8 quantités du bien, le prix est de 16, soit 128 de ventes (8*16), et donc 22 de variations de stocks de produits finis (10*15-8*16). Le PIB de l’approche production est de 90 (=150-60). La production se décompose entre 128 de ventes et 22 de variation de stock producteur. La CI comprend 50 d’achats moins les variations de stock utilisateur (5*10-5*12).

En effet, pour la production, on rajoute les stocks sur les produits aux ventes dont la valeur est estimée par la différence entre les entrées en stocks et les sorties de stock. Mais pour la CI, on retire des achats les stocks sur les achats (égaux aux entrées de stocks moins les sorties de stocks, en sachant que si les stocks sont par exemple nuls à l’achat et qu’ils sont de 2 au moment de la production, la CI est nécessairement plus faible que les achats. Dans l’exemple, les stocks sont de 50 à l’achat (l’entrée de stock est de 50) et de 60 au moment de la production (la sortie de stock est de 60). On a donc une CI égale à 50 -((5*10)-(5*12), soit 50 – (-10) = 60.

 

Comme le montre l’exemple précédent, si les sorties de stocks ne sont pas valorisés à la valeur actuelle du prix, la valeur ajoutée brute inclura les « gains de détention ». En supposant que les sorties de stock soient évalués aux prix de (15) au lieu des prix au moment des sorties (16), comme indiqué ci-dessus, l’effet sera le suivant:

° la production sera surestimée ((8 * 16) + [(10 * 15) – (8 * 15)] = 128 + 30 = 158; au lieu de 150),
° la consommation intermédiaire sera sous-estimée ((5*10) – [(5 * 10) – (5 * 10)] = 50; au lieu de 60)
° la valeur ajoutée brute sera surestimée (158 – 50 = 108; au lieu de 90) car elle inclut des effets de valorisation sur la production et la consommation intermédiaire.

La question des gains de détention ne se pose pas lorsque la production est mesurée directement à l’aide de données sur les quantités multipliées par des prix  comme indiqué dans le schéma. On peut dire la même chose quand on mesure la consommation intermédiaire directement à partir du produit de la quantité de matière utilisée par son prix.

 

b) l’approche « demande »

La valeur des variations de stocks est une composante des emplois finaux (demande) et est donc importante dans l’estimation du PIB par la méthode des ERE. Les emplois finaux sont enregistrés au moment du transfert de propriété des biens et évalués aux prix auxquels les transactions sont effectuées, c.-à-d. aux prix d’achat. La valeur du produit au moment de son acquisition pour des emplois peut inclure des gains de détention. Afin de compenser les gains de détention que le prix d’achat d’un produit peut inclure, les sorties de ce produit des stocks doit être évalué aux prix en vigueur au moment  de la sortie.

Si la mesure de la variation des stocks ne reflète pas les prix réels auxquels les sorties ont lieu
lieu, mais les prix historiques qui sont utilisés pour évaluer les sorties (comme dans la plupart des comptes d’entreprise), les les estimations des variations des stocks incluront les gains de détention qui seront reflétés dans la valeur du PIB.

Le schéma suivant fournit un exemple numérique illustrant la relation entre les emplois finaux et les gains de détention sur stocks.

Pour la calcul du PIB on comptabilise une consommation finale égale à 128(8*16) des variations stock producteur de 32 (2*16), des variations de stock utilisateur de -10, soit des variations de stock totales de +12. mais on retire les importations de 50, soit un PIB (approche demande) égal à 128 +12 -50 = 90.

On note que la variation de stock producteur (« Finished Goods ») se retrouve dans les deux approches de calcul du PIB. On trouve leur valeur (22) dans le calcul du PIB selon l’approche production. Ils viennent s’ajouter aux ventes. Et on les retrouve en emplois finals de l’approche demande du calcul du PIB. Autrement dit, ils sont dans le « haut » de l’ERE (passage des ventes aux ressources) et dans le « bas » de l’ERE (calcul des emplois). Mais ceci n’empêche pas qu’ils aient une influence sur le niveau du PIB (et son évolution).

Comme illustré dans ce schéma, la variation des stocks peut être négative même lorsque la modification physique des stocks est nulle ou positive. Par exemple, la variation physique des stocks de matières est zéro, mais la valeur de variation des stocks de matières est négative. Les prix au moment de l’utilisation (ou de la vente dans d’autres cas) des matériaux incluent les gains de détention, qui sont des gains réalisés lorsque ces produits sont utilisés ou vendus. Les emplois ou les ventes sont enregistrées à leurs prix. Les plus-values ​​réalisées incluses dans les prix d’achat des matériaux sont exactement compensés dans les variations des stocks en valorisant les sorties aux mêmes prix (les prix au le moment d’utilisation ou de vente). L’exemple montre que la valeur des variations des stocks de matériel est de –10, ce qui est égal aux gains de détention réalisés. Les variations des stocks reflètent donc non seulement le mouvement en stocks mais aussi un ajustement pour la différence d’évaluation entre production et utilisation en raison des gains de détention réalisés. En conséquence, la somme des emplois finaux moins les importations donne le PIB de l’approche « demande » à l’exclusion des gains de détention.

Dans le schéma précédent et le schéma suivant, le total des gains de détention sur stocks comprend à la fois les gains réalisés et non réalisés.

 

° comptabilisation des stocks et des variations de stock 

Les stocks, les variations de stocks et les gains de détention correspondants sont enregistrés dans l’ensemble du système de comptabilité nationale dans les comptes d’accumulation et les de patrimoine. Les variations de stocks font partie de la formation brute de capital et sont inscrits à l’actif du compte de capital Les gains de détention sur les stocks sont enregistrés dans le compte de réévaluation, un sous-compte des comptes de patrimoine..

Les comptes d’accumulation et les comptes de patrimoine sont étroitement liés. Continuant avec l’exemple numérique présenté précédemment, le schéma suivant  illustre le lien entre les stocks et les variations de stocks sur le compte de patrimoine.

 

c) l’approche « revenu »

Les gains de détention sur les stocks affectent « l’excédent d’exploitation / les revenus mixtes ». Lorsque ces variables sont calculées par solde (en déduisant la rémunération des employés et les impôts – moins les subventions – de la valeur ajoutée), la production et les consommations intermédiaires doivent être ajustées, si nécessaire, pour tenir compte des gains de détention. sur les stocks (voir l’approche de la production ci-dessus). Si l’excédent d’exploitation est calculé à l’aide d’informations provenant de la comptabilité d’entreprise, il doit être ajusté pour éliminer les gains sur les stocks inclus dans les bénéfices du compte de résultat de l’entreprise.

 

3) Les différentes catégories de stocks dans le Plan Comptable

Le Plan comptable français distingue trois grandes catégories de stocks [8] :

  • les stocks de marchandises ;
  • les stocks de matières premières et autres approvisionnements ;
  • la production stockée.

 

a) Les stocks de marchandises

Les marchandises sont des biens que l’entreprise achète pour les revendre sans transformation.

Au compte de résultat, les variations de stocks de marchandises sont associées au stock de marchandises. En effet, en quantités physiques, les achats correspondent aux entrées en stocks et les ventes aux sorties des stocks. On a donc :

Variation des stocks = achats − ventes

Soit : Ventes = achats − variation des stocks

Le coût des ventes est égal aux quantités vendues multipliées par leur prix d’achat. Multiplions donc les deux termes de l’égalité précédente par le prix d’achat. Le produit des quantités achetées par le prix d’achat est égal à la valeur des achats, le produit des quantités stockées par le prix d’achat est égal à la valeur des stocks puisque les stocks sont valorisés à leur prix d’acquisition. On a donc :

Coût des marchandises vendues = achats de marchandises − variation des stocks

 

b) Les stocks de matières premières et autres approvisionnements

Les matières premières et autres approvisionnements sont des biens destinés à être consommés dans le processus de production, c’est-à-dire que, contrairement aux marchandises, ils sont destinés à être détruits et non vendus.

Les biens achetés correspondent aux entrées en stocks et les biens consommés aux sorties des stocks. L’équation de base en quantités est donc ici la suivante :

Variation des stocks = achats − biens consommés

Soit :

Biens consommés = achats − variation des stocks

La valorisation des biens consommés à leur prix d’acquisition donne le coût des biens consommés. En multipliant les deux termes de l’équation par le prix d’acquisition on obtient :

Coût des matières consommées = achats de matières − variation des stocks

 

c) La production stockée

Les biens produits par l’entreprise peuvent être soit vendus, soit stockés. La production correspond aux entrées en stocks et la production vendue aux sorties des stocks. L’équation de base en quantités est ici la suivante :

Variation des stocks = production − production vendue

Soit :

Production = production vendue + variation des stocks

Ici, à la différence des cas précédents, on ne peut plus valoriser tous les éléments de la même manière. En effet, la production vendue doit être évaluée au prix de vente mais les entrées en stocks et les sorties de stocks doivent être évaluées au coût de production.

 

d) Interprétation de la variation des stocks

L’une des conséquences du mode de valorisation des stocks est que, dans le compte du résultat, une variation des stocks positive n’implique pas que les quantités stockées aient augmenté au cours de l’exercice, elles peuvent très bien avoir diminué. Inversement une variation des stocks négative n’implique pas une diminution des quantités stockées.

En effet, la variation des stocks est estimée par la différence entre les entrées en stocks et les sorties de stocks, entrées et sorties étant toute deux valorisées au prix d’acquisition.

Le problème est que ce ne sont pas nécessairement des biens acquis au même prix qui entrent et qui sortent.

Par exemple, supposons que dans une entreprise les entrées en stocks correspondent à 22 unités d’un bien acheté à un prix de 10 et que les sorties correspondent à 20 unités du même bien achetés au cours de l’exercice précédent au prix de 12. On a donc :

entrées en stocks = 22 × 10 = 220
sorties des stocks = 20 × 12 = 240
variation des stocks = 220 − 240 = -20

En quantités physiques, la variation des stocks est positive puisqu’elle est égale à 2 unités mais en valeur elle est négative. On constate donc, dans cet exemple, que la variation des stocks peut être négative en valeur alors qu’elle est positive en quantité.

Ainsi, une variation des stocks négative n’implique pas nécessairement un déstockage par l’entreprise. Inversement, une variation des stocks positive au compte de résultat n’implique pas nécessairement un stockage.

 

4) L’évaluation des stocks en comptabilité d’entreprise :

En comptabilité d’entreprise, les stocks peuvent être évalués selon deux méthodes différentes :

– soit la méthode du premier entré – premier sorti (PEPS ou FIFO) ;

– soit la méthode du coût unitaire moyen pondéré (CUMP).

Ces deux méthodes restent sur un coût historique des biens stockés et non sur un prix réel à la date de clôture de l’exercice comptable. La fluctuation des prix entre la date d’achat, c’est-à-dire la date d’entrée en stock, et la date de clôture n’est pas prise en compte.

Les informations concernant les entreprises viennent d’ESANE. Pour une année donnée nous avons le stock de fin de période, au coût historique, et la variation au cours de la période, également évaluée au coût historique. Nous pouvons donc retrouver le montant des stocks de début de période, toujours au coût historique, ainsi :

Stocks_DEB_ESANE = Stocks_FIN_ESANE – ΔStocks_ESANE

avec

ΔStocks_ESANE : la variation des stocks estimée par les entreprises

Stocks_FIN_ESANE : le stock estimé par l’entreprise à la clôture de l’exercice Stocks_DEB_ESANE : le stock estimé par l’entreprise à l’ouverture de l’exercice

La variation des stocks peut prendre des valeurs positives ou négatives [9] :

– si l’entreprise utilise plus de matières premières qu’elle en achète, elle devra puiser dans ses réserves et son stock final sera plus faible que son stock initial. La variation sera négative puisqu’il y a déstockage.

– à l’inverse, une entreprise qui produit plus qu’elle ne vend, va conserver ses produits finis et son stock final sera plus important que son stock initial. La variation sera positive puisqu’il y a stockage .

 

 

5) La mesure pratique des trois variations de stocks dans les ERE

L’affectation des variations des stocks par type de produit se révèle compliquée, beaucoup plus que pour les autres emplois d’un ERE. Certes, les travaux en cours et les produits finis sont faciles à affecter, car les produits concernés doivent être ceux que produit l’unité qui déclare les stocks. On peut donc les estimer par produits au prorata des ventes d’une entreprise entre ses produits.

Mais le cas des matières premières et fournitures est plus complexe. Certaines seront spécifiques à l’unité de production qui les comptabilise, par exemple, les stocks utilisateurs de pétrole brut peuvent être estimés par les stocks sur achats des entreprises du secteur d’activité du pétrole raffiné.

Mais ces cas sont rares. Quasiment toutes les unités de production détiennent des fournitures de bureau et du matériel de nettoyage, par exemple, même si leur importance est moindre. Il est donc difficile d’estimer les variations de stocks utilisateurs de ces produits à partir des déclarations des entreprises de leur variations de stock sur achats. Ils sont mêlés à d’autre stocks. Une solution proposée ci dessous est de calculer leur répartition au prorata des CI du TEI. par exemple, connaissant le stock initial des secteurs A et B et la matrice du TEI des secteurs A et B en produit a et b, on peut déterminer la matrice de stock initial au prorata. Si le secteur A consomme deux fois plus de produit a que de produit b, son « stock utilisateur » initial en produit a et b est réparti pour deux tiers en produit a et un tiers en produit b (voir exemple ci dessous).

De même, concernant les biens destinés à la revente, pratiquement tous les types de biens peuvent être inclus dans les stocks. Non seulement l’éventail des biens concernés est vaste, mais le schéma des biens détenus en vue de leur revente varie fortement dans le temps, y compris à l’intérieur d’une même période comptable. Dans le contexte de la mise en équilibre d’un ERE, cette incertitude quant à la composition des stocks, ajoutée au fait que même l’évaluation des variations des stocks risque d’être moins solide que prévu, signifie que les stocks sont souvent estimés indirectement et peuvent constituer l’une variables d’ajustement (d’arbitrage) des ERE.

 

6) Le partage volume prix des variations de stock

D’une manière générale, les variations de stocks correspondent à la différence entre les entrées en stocks et les sorties de stocks.

En comptabilité nationale, les entrées et les sorties de stocks de produits doivent être valorisés aux prix du marché de ces produits au moment du mouvement. Ce prix de marché est en pratique, sauf exceptions (notamment stocks des branches agricoles) :

– pour les stocks producteurs, l’indice de prix des ventes ;

– pour les stocks utilisateurs, l’indice de prix des consommations intermédiaires ;

– pour les stocks commerce, une moyenne pondérée des indices de prix des emplois

 

 

 

 

II – L’APPRÉCIATION SUR STOCK 

Un point essentiel dans la mesure des variations de stock est d’isoler l’appréciation sur stock.

 

 

1) L’évaluation des stocks producteurs en comptabilité nationale :

Pour passer de la production marchande non stockée à la production marchande au prix du producteur, il faut ajouter les variations de stocks producteurs. Il n’y a pas de ventilation entre production vendue de biens et services et ventes de marchandises car elles ne concernent pas les ventes de marchandises [10].

Le SEC définit la variation des stocks en comptabilité nationale (CN) comme suit « Paragraphe 3.117: La variation des stocks (P.52) est mesurée par la valeur des entrées en stocks diminuée de la valeur des sorties de stocks et des éventuelles pertes courantes sur stocks. »

Nous avons donc :

ΔStocks_CN = Entrées_CN – Sorties_CN

avec

ΔStocks_CN : la variation des stocks estimée par la comptabilité nationale

Entrées_CN : les entrées en stocks définies par la CN

Sorties_CN : les sorties de stocks pour utilisation et pertes définies par la CN

De même qu’en comptabilité d’entreprise, la variation des stocks en comptabilité nationale peut prendre des valeurs positives ou négatives.

Les variations de stocks producteurs sont mesurées entre la fin de l’exercice et le début de l’exercice comptable. Cette évaluation est compliquée par le fait que les stocks déclarés par les entreprises dans Esane ne sont pas corrigés de l’inflation. Un bien stocké peut ne plus avoir la même valeur à sa sortie si le prix a augmenté ou diminué entre temps : il peut s’être « apprécié » ou « déprécié ». D’une manière générale nous parlerons d’appréciation sur stocks dans les deux cas (positive ou négative).  L’appréciation sur stocks n’est pas un concept pur de comptabilité nationale mais elle découle d’une différence de valorisation par les entreprises et la comptabilité nationale des quantités physiques détenues en stocks.

Conceptuellement, la comptabilité nationale doit neutraliser les effets de cette « appréciation » sur la mesure des variations de stocks. Pour cela, on détermine le « prix moyen » de l’année pour chaque type de bien. Cette évaluation est obtenue par l’utilisation d’indices de Prix de Ventes Industriels (IPVI).

On a alors :

ΔStocks_CN = Entrées_PxMoy – Sorties_PxMoy

Malheureusement les quantités entrées et sorties ne sont pas connues. L’utilisation de l’équilibre des quantités physiques, valorisées au prix moyen, va permettre de calculer la variation des stocks de la comptabilité nationale en passant par les stocks de début et de fin.

Entrées_PxMoy – Sorties_PxMoy = Stocks_FIN_PxMoy – Stocks_DEB_PxMoy

En utilisant les indices de prix moyen de l’année, au mois de décembre d’une année et au mois de décembre l’année précédente nous pouvons déterminer les stocks de fin et de début au prix moyen :

 

Nous en déduisons :

ΔStocks_CN = Stocks_FIN_CN – Stocks_DEB_CN

 

Par exemple, soit un secteur d’activités dont le stock initial déclaré dans Esane a pour valeur 300 et le stock final 330. Le prix en fin d’année n-1 était de 100, le prix en fin d’année n de 110. Le prix moyen annuel est de 105. Le tableau suivant  résume les données du problème :

On a :

 

On a donc la formule :

appréciation sur stock = ΔStocks_Esane (SIE avant 2005) – ΔStocks_CN

L’appréciation sur stocks peut prendre des valeurs positives ou négatives. Mais surtout, le signe des deux variations n’est pas forcément identique. Une forte évolution des prix peut entraîner des variations de signe opposé entre les variations de stock d’entreprise et celles de la comptabilité nationale.

 

Une fois évaluées les variations de stocks des secteurs d’activités au sens de la comptabilité nationale (c’est-à-dire corrigées de l’appréciation sur stocks), il reste à les répartir en branches. On utilise pour cela la structure en branches de la production vendue de biens et services.

 

 

 

2) Le calcul de l’appréciation sur les stocks utilisateurs

Le calcul de stocks utilisateurs est assez délicat. Il s’appuie sur le TEI. L’exemple suivant propose deux secteurs d’activité A et B et deux produits A et B. On connaît les stocks initiaux et finaux des secteurs A et B. Connaissant par ailleurs le TEI, on peut déterminer les stocks initiaux et finaux des produits A et B. On détermine ainsi, le stock initial du produit A par le secteur A en multipliant  les stock initial du secteur A par le ratio de la CI du produit A par le secteur A dans la CI su secteur A. On fait de même pour le stock final. On en déduit une matrice de variation de stock.

Supposons une hausse des prix des stock du produit A de 50% (en fait une hausse des prix du produit A) et une stabilité des prix du produit B. On en déduit la matrice de l’appréciation sur stock(T4).  La matrice (hors appréciation sur stock) est calculé en T5.

Une méthode alternative consiste à multiplier les totaux des variations de stock des secteurs A et B auparavant calculés par la structure de la matrice du TEI (T6). par exemple, pour calculer la variation stock du produit B par le secteur A, on multiplie 2 par 200/700. On obtient un peu moins de 1.

 

III – L’APPRÉCIATION SUR STOCK DANS LE CALCUL DES MARGES COMMERCIALES

 

Pour calculer les marges commerciales au sens de la comptabilité nationale à partir des données comptables d’entreprises (système intermédiaire), il convient de retirer l’appréciation sur stocks (plus précisément l’appréciation sur stocks commerce). Ce point n’est ici pas mis en cause. En revanche dans le calcul des marges par produit se pose un problème d’articulation entre la ventilation par produits des marges et la déduction de l’appréciation.

 

La méthode actuellement appliquée répartit d’abord selon les divers produits la marge au sens de la comptabilité d’entreprise (appréciation comprise), puis on en déduit une appréciation sur stocks commerce pour chaque produit. C’est la méthode la plus simple puisque l’appréciation est d’abord calculée par produits avant qu’on en déduise une appréciation par sous-secteurs commerciaux. Mais cette méthode tend à produire des résultats aberrants, conduisant à une forte instabilité des marges pour certains produits, et on démontre en outre, par cette note, qu’elle est fautive sur le plan théorique. L’imputation de l’appréciation sur stocks n’est évidemment sensible que pour les quelques marchandises susceptibles de subir des fortes variations de prix, à la hausse ou à la baisse, à des rythmes infra-annuels, ce qui est bien évidemment le cas des produits pétroliers et aussi de quelques autres produits.

 

1/ la théorie

 

a) le cas d’un seul produit.

Soit un commerçant qui achète le produit au prix p et le revend au prix pv = (1+m)p, avec donc un taux de marque m.

Au cours de l’année il a acheté une quantité (physique) qa de ce produit et a revendu une quantité qv .

La variation de son stock de marchandise est s1- s0 (stock final – stock initial).

On suppose qu’il n’y a pas de pertes donc, en quantités physiques, on a :

s1- s0 = qa – qv.

Si on applique les règles de la comptabilité nationale (principe de l’inventaire permanent = les différents éléments de la variation de stocks sont évalués aux prix du jour de l’inventaire), cette variation de stock (Ds) doit être valorisée au prix d’achat p.

En valeur on a donc Ds = p * (s1 – s0) = p* (qa -qv)

On définit la marge commerciale (mc) par :

Marge = ventes -coût d’achat des marchandises vendues et :

coût d’achat des marchandises vendues = achats – variations de stocks marchandises d’où :

Marge = ventes – achats + variations de stocks marchandises ce qui donne :

mc

= pv * qv – p*qa +Ds

= (1+m) p * qv – p * qa + p * (qa-qv)

= (1+m) p *qv – p * qv

= m *p *qv

 

Donc la marge est égale au coût d’achat des marchandises vendues (p*qv) multipliée par le taux m, à condition toutefois que le stock soit bien mesuré conformément aux principes de la comptabilité nationale :

Ds = p * ( s1 – s0) = p* (qa -qv).

 

Or le problème vient de ce que la mesure du stock en comptabilité d’entreprise est différente :

DsCE = p1* s1 – p0*s0 ( p0 et p1 sont les prix respectifs en début et fin d’exercice).

L’écart est l’appréciation sur stocks (ASS) Ainsi la marge calculée dans ESANE à partir des données comptables d’entreprises inclut l’appréciation sur stocks et doit donc être corrigée. Pour estimer convenablement la marge commerciale, il convient de déduire cette ASS de la marge issue d’ESANE.

 

 

b) Le cas de plusieurs produits

Si on a maintenant non plus un seul produit, mais plusieurs, se pose la question de la ventilation de la marge entre ces produits. Pour cela on dispose en général de la ventilation des ventes par produits, de la marge globale, au sens ESANE , et d’une estimation des stocks et de l’appréciation par produits. La ventilation des marges par produits doit alors s’appuyer sur une hypothèse. On peut envisager celles de taux de marges égaux par produits : il faut alors ventiler les marges proportionnellement aux ventes.

Cette hypothèse peut paraître forte, et on peut lui préférer l’utilisation de taux de marges distincts par produit, estimés a priori par une autre méthode. Cependant si on souhaite se recaler sur la marge comptable, on voit facilement que cela revient à ventiler cette marge proportionnellement non plus aux ventes brutes, mais à des ventes pondérées, les coefficients de pondération étant les marges estimées « ex ante ». L’introduction de telles pondérations ne changera pas fondamentalement les conclusions développées ci-dessous ; on se contentera donc d’examiner le cas d’une ventilation proportionnelle aux ventes.

 

Le problème ici est l’articulation de la correction pour appréciation sur stocks avec la ventilation des marges. La comptabilité privée d’où est issu ESANE et un premier calcul des marges, comptabilise les achats, les ventes et les stocks finaux aux prix du jour des différents événements, donc, négligeant les appréciations sur stocks au jour le jour, elle intègre effectivement le montant de ces appréciations dans le calcul de la marge commerciale :

Marge commerciale (en comptabilité privée, c’est à dire évaluée en intégrant l’ASS) = Ventes – Achats + Variations de stocks marchandises.

Comme dans les données de comptabilité privée, les ventes et les stocks finaux sont calculés respectivement aux prix des ventes et aux prix en fin d’exercice et les stocks début aux prix d’achat, l’ASS est effectivement incluse dans ces ventes et dans ces stocks finaux et donc dans la marge commerciale d’ESANE, il convient donc de retirer l’ASS des données « marges » d’ESANE pour passer aux données « marges » de la comptabilité nationale. Les appréciations dues aux fluctuations de prix au jour le jour sont déjà incluses dans les ventes et donc à ce titre, incluses dans le calcul de la marge ; mais il faut les retirer de l’appréciation sur stocks, c’est à dire des stocks finaux au sens de la comptabilité privée.

 

 

2/ la pratique

Il ne s’agit pas, pour l’examen de l’appréciation sur stocks (ASS), d’examiner le « niveau » des marges, mais leur évolution entre les comptes annuels. Les très fortes évolutions constatées sur les produits pétroliers par exemple, proviennent notamment de l’évolution des appréciations sur stocks,

Examinons d’abord ce que cela donne sur un exemple fictif : on prend le cas d’un commerce qui vend deux produits avec des taux de marge a priori égaux, mais des variations de prix, et donc des ASS différentes : Pour cette ventilation , on peut concevoir deux méthodes :

1ère méthode: on ventile les marges au sens ESANE puis on retire l’ASS par produit.

2ème méthode: on retire l’ASS globale puis on ventile les marges par produit.

 

Il apparaît que les taux de marges calculés selon la méthode 1 sont non seulement différents selon les produits, contrairement à l’hypothèse sous-jacente, mais de plus fortement instables d’une année sur l’autre. Avec la méthode 2 au contraire on retrouve des taux égaux pour les deux produits, et dont les variations dans le temps ne reflètent que celles de la marge totale.

On constate de plus que lorsque l’appréciation sur stocks est élevée, ce qui correspond à une année de hausse des prix, les marges calculées avec la méthode 1 sont basses, ce qui ne correspond pas du tout à l’idée intuitive qu’on peut avoir de l’impact de la hausse des prix sur les taux de marge . Avec la méthode 1 la déduction a posteriori de l’ASS tend à écraser les taux de marges. La supériorité de la méthode 2 peut s’expliquer en revenant aux formules théoriques : on a vu plus haut que la formule mc = m *p *qv ne s’applique que si le stock est bien mesuré conformément aux principes de la comptabilité nationale ; cette formule montre donc que ce sont les marges hors appréciation (mc) qui sont proportionnelles aux ventes. En revanche ce n’est pas le cas des marges avant déduction de l’appréciation (celles qu’on peut calculer à partir d’ESANE), car l’appréciation peut être différente entre les divers produits.

Ainsi, pour estimer correctement dans ce cas les marges par produits, à partir des données comptables et de la répartition des ventes, il convient donc de déduire d’abord l’appréciation puis de faire la répartition par produits au prorata des ventes, c’est à dire d’appliquer la méthode 2, alors que la méthode 1 introduit des fluctuations parasites des taux de marges par produit. Le calcul des marges obtenu ici est cohérent avec la formule précédente où les variations de stock sont égales aux stock fin moins les stock début. Toutefois il faut noter qu’ESANE enregistre les variations de stock comme les stocks début moins les stock fin.

Dans le cas de l’énergie où les marges de commerce sur le produit C19Z (produits pétroliers raffinés) ont souvent fluctué fortement d’une année à l’autre par le passé tout en représentant des montants élevés, la méthode 1 aboutit à un résultat paradoxal : en période de hausse (par exemple, mais on peut faire le parallèle en cas de baisse) au jour le jour des prix du pétrole lors d’un exercice annuel, il y a un tassement des marges commerciales sur produits pétroliers. Cela va à l’encontre de l’idée couramment admise qui veut que les pétroliers répercutent à la pompe les variations de prix (des coûts d’achat) avec beaucoup de célérité en cas de hausse et avec beaucoup moins en cas de baisse.

La célérité plus ou moins grande des pétroliers à répercuter les variations de prix des achats sur les ventes à la pompe, influe évidemment sur les marges en comptabilité privée (les ventes sont calculées aux prix de vente du jour et les stocks finaux aux prix de fin d’exercice), mais moins dans le cas du calcul des marges commerciales de comptabilité nationale où les stocks finaux sont exprimés aux coûts du jour de clôture de l’exercice. Enfin si l’on revient à la démonstration théorique, il ne faut pas négliger qu’en cas de forte variation de prix, il y a évidemment répercussions sur les prix de vente, mais aussi sur les quantités vendues. Qu’en est-il de l’élasticité prix, car les marges au sens de la comptabilité nationale dépendent notamment des quantités vendues ?

 

 

 

Michel Braibant


BIBLIOGRAPHIE

[1] Eurostat- OECD compilation guide on inventories, 2017 edition, https://unstats.un.org/unsd/nationalaccount/docs/3017071e.pdf

[2] Appréciation des stocks, profit, autofinancement et comptabilité nationale, M.Anyadike-Danes, Revue de l’OFCE Année 1984 9 pp. 125-136

[3] Pétrole : statu quo, Céline Antonin, evue de l’OFCE – Analyse et prévisions, 2013, pp.173-180. https://hal-sciencespo.archives-ouvertes.fr/hal-01024856/document

[4] Comment interpréter les variations de stocks ?https://www.seco.admin.ch/dam/seco/fr/dokumente/…/kt_spezial_2009_12_f.pdf

[5] Rôle des variations de stocks dans les cycles d’activité des principaux pays industrialisés C. Bouthevillain, D. Eyssartier, Revue de l’OFCE N° 62 / Juillet 1997

[6] Formation brute de capital fixe et variation de stocks en 2017, Comptes nationaux annuels – base 2014 30/05/2018, https://www.insee.fr/fr/statistiques/3547383?sommaire=3547646

[7] Tableaux de l’économie française, Édition 2017, 02/03/2017, Croissance – Productivité,https://www.insee.fr/fr/statistiques/2569400?sommaire=2587886

[8] Chapitre 4 : les stocks, F. Malherbehttp://www.comptanat.fr/privee/priv4.pdf

[9] Quel sens donner à la variation de stock dans le compte de résultat ?https://ibkfinance.wordpress.com/2011/06/20/quel-sens-donner-a-la-variation-de-stock-dans-le-compte-de-resultat/

[10] Compte des sociétés non financières et des entrepreneurs individuels. Évaluation de la production et du partage de la valeur ajoutée par branche, Note de méthode, Régis Arthaut, Insee, août 2012

 

 

 

 

Tableau entrées-sorties mondial (T.E.S.)

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