Format OCDE de tableaux nationaux Input-Output harmonisés

TES méthode mondiale

 

Dans un TES mondial (des autres pays), la production n’est pas évaluée à partir d’unités de production homogène produisant un seul produit comme en France, mais à partir d’unité d’activité économique locale, voire d’unité légale ou d’entreprise, qui peuvent donc avoir des activités secondaires. Ainsi l’industrie manufacturière regroupe dans tous les pays sauf en France des unités qui produisent des services et du commerce comme activités secondaires dans une proportion de l’ordre de 7 à 8%. La valeur ajoutée d’une branche d’activité n’est ainsi pas pure. Ce n’est que dans le TES symétrique que sont calculées les valeurs ajoutées en branche pure.

 

SOMMAIRE

I – L’EXEMPLE LE PLUS COMPLET DU FMI

II – DEUX PETITS EXEMPLES D’ÉLABORATION DU TRE ET DU CALCUL DU PIB

III –UN EXEMPLE D’ARBITRAGE DU PIB

IV – LA MÉTHODE SIMPLIFIÉE DE LA DOUBLE DÉFLATION

 

 

 

Résumé

° Cette méthode est mondiale pour trois raisons.

  • D’une part, le TES (en fait TRE) fait apparaître la matrice de production croisant des branches d’activité principale en colonne et des produits en ligne (voir Tableau « ressources-emplois »). Chaque branche a une activité principale et des activités secondaires. Les données sont issues des enquêtes ou des sources fiscales auprès des entreprises, moyennant des redressements comptables. Le TRE est donc fait pour se rapprocher au plus près de ces sources en évitant des calculs avec des hypothèses fragiles comme dans le TES français en branche pure;
  • En second lieu, le TEI et les CEB (comptes d’exploitation par branche), incorporent des activités secondaires : la valeur ajoutée d’une branche n’est ainsi pas pure; les consommations intermédiaires d’une branche incluent celles d’activités secondaires;
  • Enfin, pour préparer l’élaboration du TES symétrique (page TES symétrique), fait souvent dans la foulée du TRE, les emplois aux prix d’acquisition sont décomposés entre :
    • les emplois aux prix de base,
    • les marges de commerce et de transport,
    • les impôts sur les produits, notamment la TVA.

 

° C’est ainsi que font la plupart des pays [1], [2], [3], [4], [5], [6], [7] (les nombres entre crochet renvoient à la bibliographie en bas de page)

°  On présente différents exemples, tous issus du FMI. Certains ont pour objet de montrer comment se fait un TRE dans les autres pays à partir de diverses informations. Un exemple montre aussi la question de l arbitrage du PIB. Enfin, la méthode de la double déflation (calcul de la valeur ajoutée en volume) est abordée.

Le but de l’exemple ci dessous proposé par le FMI est de démontrer comment les équilibres-ressources-emplois (ERE) et le TRE peuvent être élaborés et rapprochés en fonction d’un ensemble de données de base [8]. Il s’appuie sur deux documents [9], [10]. Le texte explicite les étapes de calcul du tableau excel.

 

 

 

 

 

I – L’EXEMPLE LE PLUS COMPLET DU FMI

Tableau 6 – TES méthode mondiale

Tableau 6 – TES méthode mondiale en anglais

Cet exemple comprend deux parties : les données primaires et les calculs.

 

1/ Données primaires

 

a) Comptes de production (partie haute du tableau ci dessous)

Comptes de production pour les branches d’activité ; branche 1 : producteurs de biens et d’électricité, branche 2 : commerce, branche 3 :  services et branche 4 : services publics.

 

b) consommation des ménages par produit aux prix d’acquisition (partie du bas du tableau)

Les estimations suivantes de la production et des consommations intermédiaires en produits ont été faites pour chaque branche d’activité : 1 producteurs de biens et d’électricité, branche d’activité 2 commerce, branche d’activité 3 services et branche d’activité 4 services publics. Certains d’entre eux pourraient être de mauvaise qualité, en particulier la ventilation détaillée par produit de la consommation intermédiaire dans la branche d’activité des services.

Les estimations suivantes de la production et des consommations intermédiaires en produits ont été faites pour chaque branche d’activité : 1 producteurs de biens et d’électricité, branche d’activité 2 commerce, branche d’activité 3 services et branche d’activité 4 services publics. Certains d’entre eux pourraient être de mauvaise qualité, en particulier la ventilation détaillée par produit de la consommation intermédiaire dans la branche d’activité des services.

 

c) Les données du commerce extérieur sont de bonne qualité (ci dessous)

Les importations sont évaluées CAF. Dans cet exemple, il n’y a toutefois pas de correction CAF_FAB.

 

d) Taux de marge commerciale par produit

Il n’existe pas beaucoup d’informations sur les marges commerciales par produits. Cependant, une enquête permis de recueillir des données sur les taux de marge commerciale par produit.. La matrice de taux de marge suivante a été construite sur la base des données recueillies dans le cadre de cette enquête (les taux sont exprimés en pourcentage des utilisations dans les prix de base + droits d’accise). Parv ailleurs, la valeur de la marge commerciale est incluse dans la valeur des biens aux prix d’acquisition. Ainsi, pour éviter un double compte, la valeur des services de distribution aux prix d’acquisition doit être nulle. Pour ce faire, à l’intersection de la ligne commerce et de la colonne des marges commerciales, ces dernières apparaissent comme une entrée négative (voir tableau ci dessous étape 1).

 

 

e).Impôts et subventions sur les produits

Dans cette économie, il n’y a pas de subventions sur les produits et il n’y a que des droits d’accise sur certains achats de l’électricité. En outre, la réglementation fiscale nous dit que la taxe d’accise est une taxe ad valorem (qui est perçue en pourcentage de la valeur du produit), et que les exportations et l’industrie productrice de biens sont exemptées de la taxe d’accise. Enfin, sur la base des réglementations fiscales, nous savons que le taux d’imposition est de 10% de la valeur d’achats de l’électricité aux prix de base.

D’après les comptes du gouvernement, la valeur totale de la taxe sur la valeur ajoutée s’élève à 1028. En outre, la réglementation fiscale nous indique que les produits utilisés pour l’exportation sont exonérés de TVA, qu’il n’y a pas de taxe sur la valeur ajoutée sur les services et que le taux de TVA est de 20%. Les produits utilisés pour la formation de brute capital fixe ne sont pas exemptés.

 

f) Formation de capital fixe par produit en prix d’acquisition.

On est informé que 1440 de bien (produit) A sont utilisés pour de la FBCF.

 

g) Variation dans les stocks

Aucune donnée sur les variations des stocks par produit n’est disponible. Cependant, à partir de la l’élaboration de la matrice de production et de celle des CI, nous savons que seules les branches d’activité productrices de biens et les branches d’activité commerciales détiennent des stocks. Ce qui signifie qu’il n’y a pas de TVA sur les biens entrant dans les stocks. De plus, nous savons qu’il n’ y a aucune marge commerciale sur les biens entrant dans les stocks.

 

 

 

2/Calcul

1. On doit élaborer le TRE équilibré en fonction des informations et des données fournies. On constatera que certaines données peuvent être manquantes. Comment estimer les données manquantes?

2. En outre, nous trouvons quelques incohérences dans les données. Comment réconcilier ces données?

Recommandation : on doit accorder une attention particulière à l’évaluation des ressources et des emplois des divers produits, ainsi qu’aux estimations des marges commerciales et des taxes sur les produits.

 

Étape 1 : élaboration d’un premier TRE à partir des éléments précédents.

On peut élaborer un premier TRE avec des cases manquantes. La matrice de production en jaune est bien du type de celle des autres pays.

 

 

 

étape 2 : Construire une matrice d’emplois avec des taux de TVA (nets de la TVA déductible)

Nous savons que le taux d’imposition est égal à 20% de la valeur P dans les prix d’achat hors TVA.

PVAT = (1 + 0,2) * P => P = 1 / (1 + 0,2) * PVAT = (1 – 16,7%) * PVAT

TVA = 16,7% * PVAT

Où PVAT est la valeur dans les prix des achats y compris la TVA, (PVAT = P + TVA). Cela signifie que le taux d’imposition, pourcentage des prix des achats y compris la TVA, est de 16,7%

Nous savons qu’il n’y a que la TVA sur les biens et l’électricité, et qu’il n’y a pas de TVA sur l’utilisation de ces produits à l’exportation ou sur les stocks. En outre, les producteurs de produits pour lesquels la TVA est perçue peuvent déduire la TVA perçue sur les produits qu’ils utilisent en tant que CI. Ce qui signifie que le taux d’imposition net sur leurs achats est nul. Deux producteurs peuvent déduire leur TVA entrante; la branche d’activité du commerce et les producteurs de biens et d’électricité. Cette information permet de construire une matrice d’emplois suivante avec des taux de TVA nets (tableau ci dessous).

 

 

Étape 3. :Estimation préliminaire de la TVA par produit et catégorie d’utilisateurs

En utilisant les informations contenues dans cette matrice d’utilisation des taux de TVA, nous sommes maintenant en mesure d’estimer toutes les entrées (nettes) de TVA dans le tableau des emplois en appliquant la formule suivante: TVA = tv * PVAT = 16,7 * PVAT

Où tv est le taux de la taxe sur la valeur ajoutée exprimé en pourcentage de la valeur du produit aux prix d’acquisition, TVA comprise. On observe que la TVA totale estimée est supérieure à la TVA totale enregistrée dans les comptes des administrations publiques (APU) ; la différence est de 21 (1049-1028).

 

 

Étape 4. Estimation préliminaire des marges commerciales par produit et catégorie d’emplois

Encore une fois, nous devons convertir les taux donnés exprimés en pourcentage des emplois en prix de base (taxes d’accise et droits d’importation) pour qu’ils soient exprimés en pourcentage des emplois dans les prix des acheteurs, hors TVA. Nous avons la relation suivante:

mr : Taux de marge commerciale exprimé en pourcentage de la valeur du bien dans les prix de base

mr’ : Taux de marge commerciale exprimé en pourcentage de la valeur du bien dans les prix des achats hors TVA (nous voulons calculer mr’ parce que nous connaissons les emplois au prix d’achat)

mr = MC / B et mr ‘= MC / P => mr’ = MC / (MC + B) => mr ‘ * (MC + B) = MC

MC * (1- mr ‘) = mr’ * B => (1- mr ‘) / mr’ = 1 / mr => (1- mr ‘) * mr = mr’

mr ‘= mr – mr’ * mr => mr ‘* (1+ mr) = mr => mr’ = mr / (1+ mr)

Et nous obtenons une estimation préliminaire des marges commerciales par produits et catégories d’utilisateurs en appliquant la formule suivante:

m = mr’ * B

 

 

étape 5. Droits d’accise.

Pour les droits d’accise ad valorem, nous pouvons utiliser la même méthode que pour les taux des marges commerciales pour estimer les entrées dans le tableau des emplois.

Nous savons que le taux d’imposition est de 10% de la valeur de l’achat de l’électricité aux prix de base. Nous appliquons cette méthode, et rappelons que nous devons convertir le taux d’imposition donné pour qu’il soit exprimé en part des utilisations dans les prix de base pour qu’il soit exprimé en proportion des emplois aux prix de base + le droit d’accise.

=> te = 0,10 / (1 + 0,10)) = 0,09 (comme pour le taux de marge commerciale)

Rappelons que les droits de d’accise totaux enregistrés dans les comptes des APU étaient de 14. Cela nous indique que l’utilisation totale de l’électricité (aux prix d’achat hors TVA) pourrait être élevée, une information que nous utiliserons plus tard, lors du rapprochement de l’offre et de la demande de chaque produit

 

Étape 6 : Dépenses de consommation finale des APU. 

Les dépenses de consommation finale des administrations publiques sont définies comme la valeur de la production des biens et services non marchands du secteur public (c’est-à-dire à des prix économiquement non significatifs) moins leurs recettes provenant de la vente de biens et services non marchands aux ménages (paiements partiels). moins les dépenses en biens et services de CI achetés sur le marché et fournis aux entreprises.

Nous pouvons calculer la consommation finale des APU comme résidu dans le solde du produit numéro 5, Services publics. Autrement dit, la consommation finale des APU est égale à:

Production totale des services publics 1570

– Acheté par l’industrie 1 producteurs de biens et d’électricité 20

– Acheté par l’industrie 2 commerce de gros et de détail 10

– Acheté par l’industrie 3 producteurs de services 60

– Acheté par les ménages 80

= Dépense de consommation des APU 1400

 

Étape 7. Rapprochement de l’offre et de l’utilisation A:

Nous avons maintenant obtenu une estimation préliminaire de presque toutes les données manquantes; les seules données manquantes sont les données sur les variations des stocks, qui peuvent être estimées dans le cadre du rapprochement de l’offre et de l’utilisation de chaque produit.

Étape final. TRE « ex ante » non équilibré et TRE « « ex post » équilibré

Deux tableaux vont être construits : un tableau « ex ante » non équilibré et un tableau « ex post » équilibré.

On trouve ci dessous un premier tableau ex ante où certaines informations sont manquantes (marges commerciales par produits, variations de stock, droits d’accise,…).

 

 

 

Toutes les données manquantes à estimer sont dans les cadres grisés du second tableau ex post. Elles ont été arbitrées (en gris) par rapport au tableau ex ante.

(1) Les marges commerciales ont ainsi été réparties au prorata entre les deux produits A et B. De même, par emplois, elles ont été réparties au prorata pour chaque produit.

(2) Le calage sur la TVA déclarée par les APU a porté sur le seul produit électricité. Par emplois, on a reporté l’écart sur la CI de l’électricité par la branche services (même chose pour le calage sur les droits d’accise)

(3) Les stocks servent à équilibrer les ERE des produits A et B

(4) on a équilibré les ERE de l’électricité et des services en parallèle. La CI de l’électricité par les services a été diminuée de 126 dont 30 de TVA et droits d’accise, et reportée sur la CI des services par les services.

Ainsi, cette méthode du TES est mondial parce que non seulement la partie « ressources » fait apparaître une matrice de production (branche d’activité principale en colonne, produits en ligne).

Mais  aussi parce que le tableau des emplois décompose chaque emploi entre son prix de base, les impôts sur les produits et les marges commerciales. C’est une condition pour élaborer ensuite le TES symétrique.

 

 

 

 

 

II – DEUX PETITS EXEMPLES D’ÉLABORATION DU TRE ET DU CALCUL DU PIB

1/ Premier exemple d’élaboration du TRE

a) Données primaires

– Statistiques de l’industrie pour 3 industries; industrie 1 production de biens, industrie 2 commerce de gros et de détail et industrie 3 producteurs de services (partie A)

– Dépenses de consommation finale par produit aux prix d’achat (partie B)

– Exportations, importations et droits d’importation par produit (partie C)

– Marges commerciales par catégorie de produits et d’utilisateurs (partie D)

– Taxes d’accise par produits et catégories d’utilisateurs (partie E)

 

  • Statistiques par branches d’activité. : partie A

Les statistiques suivantes par branche d’activité ont été élaborées pour les 3 branches d’activité, (1) activité produisant des biens, (2) activité commerciale, activité 3 producteur de services

 

  • Dépense de consommation finale des ménages : partie B

Ces données sont élaborées à partir de diverses sources (consommation commercialisable, enquête achats des ménages, comptes des APU).

 

  • Commerce extérieur : partie C

 

 

  • Marges commerciales : partie D

 

  • Impôts sur les produits (uniquement sur le produit  B)

 

b). élaborer un tableau réconcilié de l’offre et de l’utilisation des prix d’achat sur la base des données fournies et montrez comment le PIB peut être dérivé par

– l’approche de la production,

– l’approche des dépenses et

– l’approche des revenus.

 

1: faire le Tableau des ressources et des emplois dans les prix d’acquisition

2: faire la matrice de production

3: calculer PIB par branche d’activité, dépenses et revenus (1667)

 

 

2/ Second exemple d’élaboration du TRE

Établir les tableaux des emplois et des ressources correspondant aux renseignements ci-après. Calculer les chiffres non communiqués en équilibrant le total des emplois et le total des ressources pour chaque produit.

 

 

 

III – UN EXEMPLE D’ARBITRAGE DU PIB

Il s’agit ici aussi d’un exemple du FMI. À partir des informations ci-après (extrêmement simplifiées),

  1. Exprimer la valeur ajoutée brute (VA) et le rapport VA/production dans chacune des branches d’activité suivantes, par catégorie de la CITI : A + B Agriculture, chasse, foresterie et pêche C Mines et carrières D Activités manufacturières E Électricité, gaz et eau F Construction G + H Commerce de gros et de détail; réparation de véhicules automobiles, de motocycles ainsi que de biens personnels et de biens ménagers; hôtels et restaurants I Transport, entreposage et communications J + K Intermédiation financière; immobilier, services de location et services aux entreprises L Administration publique et défense; sécurité sociale obligatoire M + N + O Éducation; santé et sécurité et services sociaux; autres services, collectifs, sociaux et personnels P Ménages et personnes à leur service
  2. Estimer la production, la consommation intermédiaire (CI) et la valeur ajoutée brute des activités non marchandes
  3. Estimer le PIB à partir des coûts de production
  4. Estimer les dépenses finales par type de dépense : Les dépenses de consommation finale (CI) de l’administration publique, des institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) et des ménages La formation brute de capital Les exportations nettes (X − M)
  5. Estimer le PIB d’après les chiffres des dépenses et comparer le résultat avec la valeur du PIB calculé à partir des chiffres de la production

 

Les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) incluent les activités économiques non marchandes qui ne sont pas financées principalement par l’administration publique.

Les activités non marchandes qui sont principalement financées par l’administration publique doivent être classées dans le secteur de l’administration générale.

La production de l’administration générale et des ISBLSM est calculée comme la somme de la consommation des salariés, de la consommation intermédiaire et de la consommation de capital fixe.

Les dépenses de consommation finale de l’administration publique incluent la production des services publics moins les ventes plus la production d’autres activités non marchandes financées par l’administration publique (établissements d’enseignement et hôpitaux publics, etc.) moins les ventes plus les achats, par l’administration publique, de biens et services destinés à être distribués gratuitement aux ménages. Les dépenses de consommation finale des ISBLSM sont égales à la production des ISBLSM moins leurs ventes plus leurs achats de biens et services destinés à être distribués gratuitement aux ménages. S’il existe une formation brute de capital pour compte propre, cette production pour compte propre doit être déduite de la production pour donner les dépenses de consommation finale.

Observations

Les ratios valeur ajoutée brute/production sont calculés pour l’année de base dont les chiffres concernant la production, la consommation intermédiaire et la valeur ajoutée sont tous extraits des résultats de recensements ou d’enquêtes annuelles et servent ensuite à estimer la valeur ajoutée brute, une fois seulement que les chiffres de la production sont disponibles (voir dans la troisième partie un examen plus approfondi de l’application de ces ratios).

 

 

Observations :

  1. La solution aboutit seulement à des « estimations », de meilleurs résultats ne pouvant pas être obtenus avec les informations disponibles.
  2. Pour calculer la production ou la consommation d’intermédiaire, il faut connaître « emploi de matières premières et de services » et non pas « achats de matières premières et services ». D’une part, une partie des matières premières achetées peut être mise en stock, d’autre part, des matières premières peuvent être retirées des stocks pour srevir à la production. Il faut qu’à tout moment se vérifie l’équation ci-après : Achat de matières premières + stock de début de matières premières = emploi de matières premières + stock de fin de matières premières Emploi de matières premières = achat de matières premières − accroissement du stock de matières premières

 

Solution à la question 3

Approche du PIB par la production

PIB = valeur brute totale ajoutée aux prix de base + droits à l’importation et autres taxes sur les produits moins subventions = 2024 + 250 = 2274.

 

Exportations nettes = exportations − importations = 750 – 600 = 150

 

 

Solution à la question 5

Approche du PIB par les dépenses finales

PIB = dépenses de consommation finale + formation brute de capital + exportations nettes PIB = DCF-AP +DCF-ISBLSM+DCFM+FBC+exportations nettes = 720 + 115 + 1170 + 140 + 150 = 2295

Comparaison des deux valeurs du PIB obtenues selon l’approche par la production et selon l’approche par les dépenses finales

PIB selon l’approche par la production : 2 274

PIB selon l’approche par les dépenses finales : 2 295

Différence : 21

Si l’on suppose que la valeur du PIB obtenue selon l’approche par la production est plus exacte alors, la meilleure des estimations du PIB est de 2 274 et 21 est considéré comme une erreur statistique.  Bien entendu comme il n’y a qu’une seule valeur du PIB, on baisse le PIB de l’approche demande -21 soit sur la consommation finale soit sur la FBCF.

Donc :

PIB : 2 274

Dépenses finales : 2 295

Erreur statistique : −21

L’erreur statistique est de 0,9 % du PIB.

Dans beaucoup de pays en développement, le ratio valeur ajoutée brute/production obtenu à partir d’une enquête sur la production des établissements au cours de l’année de base sert à estimer la valeur ajoutée. Les chiffres sont complétés par des données annuelles effectives concernant les grandes entreprises, particulièrement des entreprises publiques ainsi que par des données sur les dépenses publiques. Très peu de pays ont les moyens financiers de faire des enquêtes sur les ventes de détail, voire la formation brute de capital. Donc, le PIB calculé selon l’approche par les dépenses finales est moins fiable. Dans ce cas, il vaut mieux se fier à l’approche par les coûts de production.

Dans certains pays, comme les États-Unis, qui peuvent consacrer de vastes enquêtes aux dépenses finales, l’approche par les dépenses finales est considérée plus fiable que celle qui repose sur les ratios valeur ajoutée/production.

Dans d’autres pays qui ont les moyens de faire des enquêtes à la fois sur la production et sur les dépenses finales, il n’est pas possible de déterminer laquelle des méthodes est la plus fiable. C’est le cas du Canada. L’écart statistique est divisé par deux : une moitié est soustraite de l’estimation du PIB qui est la plus élevée et l’autre est ajoutée à l’estimation la plus faible.

La France est un des seuls pays au monde qui privilégie l’approche « revenus » calculé à partir du TEE. En fait cette approche est la même que l’approche « production » calculée à partir du TEE : Le PIB est calculée comme la somme des VA et des impôts nets des subvention sur les produits. La notion d’approche « production » telle qu’on l’entend au niveau mondial se réfère plutôt au calcul à partir du TRE de la somme des VA et des impôts nets des subvention sur les produits. mais il est clair que dans les autres pays qui font un TRE par secteur d’activité, les 2 approches « production », issues du TRE et du TEE, sont cohérentes. Tandis qu’en France, on parle souvent d’approche « production » issu du TES qu’on compare aux deux approches « demande » et « revenus ». On appelle approche « revenu » la somme des rémunérations, des impôts nets des subventions et de l’excédent brut d’exploitation (et le revenu mixte), mais en sachant très bien que le calcul du PIB de l’approche « revenus » issu du TEE se fait à partir de la VA, elle même la somme de ces éléments (voir page Calcul du PIB dans plusieurs pays).

 

 

 

IV – LA MÉTHODE SIMPLIFIÉE DE LA DOUBLE DÉFLATION

Cet exemple est simplifié. Il utilise les informations suivantes sur l’économie considérée comportant deux branches d’activité seulement qui produisent deux produits : Parts des produits, aux prix de base, de chaque branche d’activité au cours de l’année de base. Parts des coûts de production de chaque branche dans la production de celle-ci (la consommation intermédiaire est décomposée en produits, aux prix de base, employés dans la production, marges commerciales et impôts sur les produits). Les marges commerciales sont supposées faire partie de la production de la branche 2.

 

Solution de l’exemple sur la méthode de la double déflation

Pour calculer les indices des prix de la production de la branche 1 et de la branche 2 pendant l’année en cours, on suppose que la structure de production de l’année de base est restée la même : L’indice des prix de la production d’une branche d’activité est constitué par les indices des prix pondérés des produits de cette branche. Les indices de pondération sont extraits du tableau des ressources de l’année de base.

Production de la branche d’activité de l’année en cours à prix constants :

Branche d’activité 1 : 220*100/1,046=210,32

Branche d’activité 2 : 120*100/1,03=116,50

Consommation intermédiaire de l’année en cours à prix constants :

Pour calculer la consommation intermédiaire aux prix de l’année de base, on utilise les parts de consommation intermédiaire de l’année de base. La consommation intermédiaire à prix constants de chaque branche d’activité est égale au produit des parts de consommation intermédiaire de l’année de base par la production de la branche correspondante aux prix de l’année de base, selon l’hypothèse de stabilité des coefficients techniques (voir exemple du tableau 2, 0,3×210,32=63,1). Les marges commerciales à prix constants sont égales au produit des parts des marges commerciales de l’année de base par la production de la branche correspondante aux prix de l’année de base (par exemple 0,1×210,32=21,03). Le calcul des impôts et subventions à prix constants se fait de même. La valeur ajoutée aux prix de l’année de base est la différence entre la production et la consommation intermédiaire

 

Consommation intermédiaire de l’année en cours à prix courants :

La consommation intermédiaire à prix courants est calculée par produit en multipliant les valeurs aux prix de l’année de base par les indices des prix des produits correspondants (par exemple, 63,1×105/100=66,25), (54,16 = 52,58 * 1,03) ) . On calcule la marge commerciale et les impôts sur les produits en appliquant les ratios correspondants de l’année de base à la production de la branche d’activités à prix courants (par exemple 0,1×220=22). La valeur ajoutée à prix courants est la différence entre la production et la consommation intermédiaire.

C’est à ce stade que de nombreux pays, comme la France, n’appliquent pas cette méthode telle quelle. Il vont plus loin. Plus précisément, ils obtiennent un montant de la CI totale des branches d’activité qu’ils confrontent à la CI des branches d’activité calculée à partir des données d’entreprises ou de statistiques administratives. Ou bien ils se calent sur la valeur ajoute e chaque branche d’activité ce qui revient au même. Si il y a un écart sur la CI, ils répartissent cet écart au prorata des données en volume. Ils obtiennent ainsi un nouveau montant de CI par produit de chaque branche. Ils déflatent cette CI en valeur par produit par l’indice de prix de la CI pour obtenir une CI en volume, différente de la CI en volume projetée calculée précédemment.

 

 

Michel Braibant


BIBLIOGRAPHIE

 

[1] Compilation of Extended Supply and Use Tables in Denmark and Possible Applications in Input-Output Analyses  M.  Nilsson, P.Rørmose Jensen, N. Jens Holst Jensen Paper prepared for the 35th IARIW General Conference Copenhagen, Denmark, August 20-25, 2018, http://www.iariw.org/copenhagen/jensen.pdf

[2] Supply – Use and  Input-Output Tables, Backward and forward linkage of the Turkish economy, M.Kula, 2008, http://ma.umd.edu/papers/conferences/2008/kula.pdf

[3] Supply and Use Tables for Selected Economies in Asia and the PacificA Research Study, December 2012, Asian Development Bank, https://www.adb.org/publications/supply-and-use-tables-selected-economies-asia-and-pacific-research-study

[4] Supply Use Tables, Publication Reports; Supply Use Tables. Supply Use Tables. Note on Supply use tables · SUT 2011-12 · SUT 2012-13. , Ministry of Statistics, India, http://mospi.nic.in/publication/supply-use-tables

[5] Supply and Use Tables for Belgium 1995-2002: Methodology of Compilation, February 2007 Luc Avonds, C. Hambÿe, B. Michel, Federal Planning Bureau, http://www.euklems.net/pub/no14.pdf

[6] Supply and Use and Input-Output Tables for Ireland CSO statistical release, 23 October 2018, https://www.cso.ie/en/releasesandpublications/ep/p-sauio/supplyanduseandinput-outputtablesforireland2015/

[7] Supply and Use and Input-Output Tables, Canadian Supply-Use Tables, https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/13-607-x/2016001/119-eng.htm

[8] An Algorithm to Balance Supply and Use Tables, Michael Stanger October 25, 2018, FMI, https://www.imf.org/en/Publications/TNM/Issues/2018/11/02/An-Algorithm-to-Balance-Supply-and-Use-Tables-46033

[9] OCDE Statistical Insights: What role for supply-use tables? Jun 05, 2017, OCDE http://oecdinsights.org/2017/06/05/statistical-insights-what-role-for-supply-use-tables/http://oecdinsights.org/2017/06/05/statistical-insights-what-role-for-supply-use-tables/

[10] : Établir le système de comptes nationaux – tableaux des ressources et des emplois, https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Building_the_System_of_National_Accounts_-_supply_and_use_tables/fr&oldid=458457

 

Tableau entrées-sorties mondial (T.E.S.)